Louis Mouchet, des images et des mots.

Louis Mouchet, des images et des mots.

Mon nouveau film SANTA SHAKTI

 

En dressant un parallèle entre le festival de la Durga Puja en Inde et d’autres célébrations de la féminité divine, Shanta Shakti révèle le Pouvoir sacré au-delà des langues et religions.

 

 

 

 

Ce film est né d'un miracle survenu lors de la réalisation du Chant des Rroms. Pour ce film, je voulais faire le lien entre les rituels pratiqués par ce peuple en Europe et dans leur pays d'origine, l'Inde.

 

Pour ce faire, l'immersion concluant le festival de Durga Puja était idéale.

Ces célébrations ont lieu un peu partout dans le sous-continent. Il restait à trouver le lieu adéquat.

Le film se termine à Kannauj dans l'Uttar Pradesh, lieu unique d'origine des Rroms, comme le révèle le linguiste Marcel Couthiade. Lui-même scientifique peu attiré par la spiritualité, il m'avait recommandé un ami local qui s'est avéré d'une aide précieuse sur le tournage. Mais étant de confession musulmane, il était peut au fait des célébrations hindoues, les deux religions étant comme deux mondes séparés en Inde.

Ne sachant pas trop ce qui allait se passé à Kannauj, je décidai de me rabattre à Delhi, où de très belles immersions étaient documentées. Nous devions de toutes façons transiter par la capitale indienne.

J'ai donc filmé ces célébrations, d'abord seul, puis avec mon équipe qui m'a rejoint quelques jours plus tard.

Le festival terminé, nous avons voyagé toute la journée suivante pour gagner la ville d'origine des Rroms.

Le lendemain matin, nous commençons les repérages à Kannauj. Le temple de Kali étant très proche de l’hôtel, je décide de commencer par là. Comme d'habitude j'avais donné la consigne d'emporter un minimum de matériel, au cas où...

Une agitation inattendue règne quand nos arrivons au lieu saint. Sans avoir le temps de comprendre ce qu'il se passe, nous nous retrouvons le visage recouvert de peinture et le front ceint d'un bandeau de circonstance.

 

 

On nous invite à prendre position sur les chars où sont chargées les idoles. Je finis par réaliser que cette une nouvelle Durga Puja qui se prépare et que celle-ci va se conclure par une immersion dans le plus sacré des fleuves, le Ganges.

Miracle!

Le mot n'est pas usurpé. Je n'ai toujours pas compris pourquoi cette Durga Puja a eu lieu à Kannauj à ce moment-là, c'est-à-dire deux jours plus tard que dans tout le reste du sous-continent. Mais je ne pouvais pas rêver mieux pour mon film. Cela se passait au lieu même de l'origine des Rroms. Les rituels étaient légèrement différents qu'à Delhi, mais bien plus proche de ce que j'avais pu observer au Sud de la France. Déesse tutélaire de Kannauj, Kali y avait une importance prépondérante. Comme le nom l'indique, elle a la même couleur de peau sombre que la Sara-la-Kali de la cité camarguaise.

En conséquence, je n'ai rien utilisé de Delhi dans le montage du Chant des Rroms.

 

Je restai avec de somptueuses images que je trouvais dommage de laisser ainsi de côté. J'ai pensé à un documentaire télévisuel restreint, centré sur la Durga Puja. Mais cela voulait dire entrer dans un cadre serré: 26 minutes précises, interviews explicatives... Or j'avais le fort sentiment que ce n'était pas la forme qui convenait à ce possible film.

Les nouvelles possibilités de diffusion en ligne offrent une totale liberté. Délivré de tout moule, j'ai pu réaliser le film le plus juste par rapport au sujet. C'est-à-dire en le laissant naître de lui-même, sans idée préconçue de forme ou de structure, laissant le souffle de Shakti souffler en moi. J'ai pu ainsi laisser le film me dépasser, être plus fort que moi.

Santa Shakti n'est pas un film qui parle de la spiritualité; il n'explique pas les rituels. Il est spirituel en essence, tant par la forme que dans le fond. Le regarder est une expérience transcendante en soi.

 

 

 

 

Au commencement se dresse Shiva, l'être suprême qui crée, protège et transforme l'Univers.

Il dépend de Shakti, l'énergie féminine. Sans elle, il n'est qu'un corps inerte, incapable d'agir.

 

 

 

 

Durga:

”Je suis la Reine, la rassembleuse de trésors,

La plus attentive, celle qui mérite d’être vénérée en premier.”

Ainsi, les dieux m'ont établie dans de nombreux lieux,

avec diverses foyers où m’abriter”.

 

 

 

 

 

Le film est disponible sur Vimeo On Demand.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 



09/09/2017
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